Ecorce

J’étudie depuis l’année dernière les écorces d’arbres. Cette texture naturelle est étonnante : c’est une peau végétale que nous pouvons caresser, elle est aussi caractéristique de l’identité de chaque arbre. Quel que soit l’arbre, lorsqu’on observe longuement son écorce, celle-ci devient très graphique, et ses couleurs multiples. Si bien qu’une simple observation peut devenir obsessionnelle. Dans la continuité de mon travail sur le chêne (voir mon article Moln ici : https://blogmoln.fr/2024/10/16/un-chene-au-parc/), et à force de croquis, dessins, peintures, j’ai constaté qu’une chose si concrète peut nous emmener vers de l’abstraction (dessins 1 et 2). Sans savoir forcément qu’il s’agit d’écorce, j’ai recherché la sensation : l’observateur reste connecté malgré tout à quelque-chose de tactile, corporel, organique. Toujours en dessin, j’ai exploré d’autres moyens de restituer cette matière vivante et chaotique, au-delà de l’observation : c’est le cas du dessin 3, réalisé à la craie grasse aquarellable appliquée sur le papier à même le tronc d’arbre. Cette sorte d’empreinte picturale renvoie au côté éminemment plastique de l’écorce. Ce dessin « est » l’écorce. Enfin, la quatrième création emploie des techniques mixtes, et a été réalisée à la faveur d’un devoir d’Arts Plastiques sur l’incitation de « la relation au corps ». Je suis partie d’une caresse, d’un contact physique, et ai pris une photographie. Le gros plan photographique permet d’être au plus près de l’écorce. Puis j’ai exploré la possibilité de dessiner des « mains-écorces », à partir de traits répétés indéfiniment. Le dessin « augmenté » permis avec le papier calque s’est avéré une démarche intéressante à développer pour disposer mes mains sur l’écorce. Celle-ci apparaît en transparence, et est mêlée à la peau imaginaire. Pour finir, tronc et mains communiquent, peau et écorce se confondent.

écorce 4 : Corps à corps – 2025 – Photo, papier calque, crayon de couleur, feutre. 29,5 x 42 cm. 

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