Menhir Jean, roc sensible

On peut appeler cela une obsession. Je dirais plutôt le questionnement de l’artiste (du chercheur, du compositeur). Malgré les apparences, mon personnage se tient-il bien droit ? Que dit sa couleur ? Comment habite-t-il son environnement ? Que raconte son contour (franc mais fin), sa rugosité (là mais discrète), sa douceur (évidente), ce trait bleu, cette tache verte ? Je voulais qu’il soit sûr de lui, un repère pour les autres, précieux, mais pas prétentieux. Je profite de l’ombre pour lui donner un caractère à plusieurs facettes, mais cohérent, solide. Les herbes folles ont disparu, le roc s’impose logiquement, mais il me surprend : il n’est pas insensible. Je n’avais pas encore étudié ce menhir au pastel sec. J’ai utilisé mes premiers pastels, souvenirs d’enfance, retrouvés par ma mère. Des pastels Girault. Je les avais complètement oubliés, et leur qualité m’étonne : bien secs, mais pas friables, et des couleurs lumineuses, qu’on peut superposer. Menhir Jean, roc sensible, marque peut-être bien la fin de cette série d’études.

Menhir Jean, roc sensible – 2022 – Pastel sec – 18 x 24 cm

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